Pensert autrement pour animer l’Europe démocratique
Ce soir, je ressens un sentiment étrange, assez indescriptible. Le "non" irlandais au référendum sur le Traité de Lisbonne laisse planer en moi une énorme déception. Une fois encore, les réformes nécessaires au bon fonctionnement de l’Union européenne ne seront pas mises en oeuvre. Pour autant, faut-il critiquer le choix des Irlandais, tout comme nous aurions pu critiquer en 2005 les nons français et néerlandais à la Consitution européenne ? Non, je ne le pense pas.
Finalement, à chaque échec référendaire sur l’Europe, je ressasse les mêmes pensées. Celles que l’Europe dont je rêve n’est pas pour demain. Nos dirigeants ne parviennent desespéremment pas à expliquer ce que l’Europe nous apporte dans notre quotidien. Nos contradicteurs sont bien plus à même de souligner tout ce qui ne va pas, souvent malhonnêtement, en surfant sur les peurs, en laissant croire que c’est en se repliant sur nous même ou en niant les réalités du monde d’aujourd’hui que nous résoudrons nos problèmes.
C’est pour cela que j’ose esperer encore une fois que ce "non" irlandais créera un électrochoc chez nos dirigeants, et dans les relations qu’ils doivent entretenir avec les citoyens, notamment sur les questions européennes. Car finalement, nous en sommes là. Lorsque 96% des députés irlandais appellent à voter oui et que le non l’emporte à 53% des voix, il faut se poser des questions. Quand on choisit de ratifier par voie parlementaire pour éviter la voix du peuple, ce sont nos lendemains à tous qui déchantent. Tant que nous ne changerons pas notre manière de communiquer sur l’Europe, sur ce qu’elle nous apporte et les opportunités qu’elle peut nous offrir, tant que nous n’aurons pas un regard pragmatique sur ce que l’Europe peut faire et sur ce qu’elle ne peut pas faire sans une volonté politique forte de nos dirigeants, alors nous continuerons à entretenir le système dans lequel nous sommes enfermés et qui est voué à l’échec.
L’espoir est désormais de faire évoluer nos modes de penser pour faire vivre autrement l’Europe que nous voulons.
En pièce jointe, un article que j’ai écrit il y a deux ans avec une psychologue spécialisée dans les questions du changement et de la gestion de crise. Nous avions essayé à l’époque de théoriser ce qui serait une nouvelle manière de penser pour animer l’Europe démocratique. Article paru dans la revue "Opinion européenne 2007" dirigée par Dominique Reynié.
Référendum irlandais : le non en tête dans les premiers décomptes
A moins d’un sursaut, le Traité de Lisonne qui devait permettre à l’Europe de mieux fonctionner est en voie d’être rejeter par les irlandais
Dans les premiers décomptes, le non arrivait en tête en Irlande, vendredi 13 juin, au lendemain du référendum sur le traité européen de Lisbonne. Des responsables du dépouillement ont déclaré à Reuters que le non était en tête dans cinq circonscriptions de la capitale, Dublin, qui représente environ un quart de l’électorat du pays.
Le ministre irlandais chargé des affaires européennes, Dick Roche, a reconnu que "ça ne se présente pas bien" pour le camp du oui d’après les premières tendances. "D’après ce que j’entends, ça se ne présente pas bien", a-t-il déclaré, alors que selon la radio-télévision publique RTE, les toutes premières tendances montrent que le oui est "en difficulté". Dans sa circonscription de Wicklow, au sud de Dublin, "on est au coude à coude", a ajouté M. Roche. "Et d’après ce qu’on me dit Wicklow est l’une des meilleures circonscriptions" pour une victoire du oui, a-t-il souligné. Selon M. Roche, les zones ouvrières urbaines et les circonscriptions rurales ont plutôt voté non tandis que le oui fait mieux dans les zones urbaines de la classe moyenne.
Joan Burton, numéro deux du Parti travailliste irlandais, favorable au traité, a dit que la capitale semblait en voie de rejeter le traité :"Il semble bien maintenant que le vote ’non’ soit en tête. Je crois que, dans l’ensemble, à Dublin, les quartiers ouvriers se portent nettement vers le ’non’." "Le vote ’oui’ paraît fort dans certains secteurs plus ’classes moyennes’, mais honnêtement je ne crois pas qu’il soit assez fort pour compenser la taille du ’non’", a-t-elle déclaré à Reuters.
Le décompte a commencé à 9 heures locales (10 heures à Paris). D’après le Irish Times, dans les comtés sud-ouest, nord-ouest, centre et nord-est de Dublin, le non l’emporterait avec 60 % des voix. Dans le comté de Dublin sud-est, le non serait à 70 %.
Dans le comté du Limerick ouest, le non l’emporterait avec 59 %. Dans le comté du sud Tipperary, le oui obtiendrait 50,3 %, son voisin du nord verrait le oui et le non à 50 %. Le Galeway ouest verrait le non l’emporter avec 56 %, le Galeway est étant à 50-50. Dans d’autres comtés, le Sligo-Leitrim, le sud Roscommon, le sud-ouest du Donegal et le nord-est du Donegal, les premières tendances donnent aussi le non majoritaire.
Dans les premiers décomptes, le non arrivait en tête en Irlande, vendredi 13 juin, au lendemain du référendum sur le traité européen de Lisbonne. Des responsables du dépouillement ont déclaré à Reuters que le non était en tête dans cinq circonscriptions de la capitale, Dublin, qui représente environ un quart de l’électorat du pays.
Le ministre irlandais chargé des affaires européennes, Dick Roche, a reconnu que "ça ne se présente pas bien" pour le camp du oui d’après les premières tendances. "D’après ce que j’entends, ça se ne présente pas bien", a-t-il déclaré, alors que selon la radio-télévision publique RTE, les toutes premières tendances montrent que le oui est "en difficulté". Dans sa circonscription de Wicklow, au sud de Dublin, "on est au coude à coude", a ajouté M. Roche. "Et d’après ce qu’on me dit Wicklow est l’une des meilleures circonscriptions" pour une victoire du oui, a-t-il souligné. Selon M. Roche, les zones ouvrières urbaines et les circonscriptions rurales ont plutôt voté non tandis que le oui fait mieux dans les zones urbaines de la classe moyenne.
Joan Burton, numéro deux du Parti travailliste irlandais, favorable au traité, a dit que la capitale semblait en voie de rejeter le traité :"Il semble bien maintenant que le vote ’non’ soit en tête. Je crois que, dans l’ensemble, à Dublin, les quartiers ouvriers se portent nettement vers le ’non’." "Le vote ’oui’ paraît fort dans certains secteurs plus ’classes moyennes’, mais honnêtement je ne crois pas qu’il soit assez fort pour compenser la taille du ’non’", a-t-elle déclaré à Reuters.
Le décompte a commencé à 9 heures locales (10 heures à Paris). D’après le Irish Times, dans les comtés sud-ouest, nord-ouest, centre et nord-est de Dublin, le non l’emporterait avec 60 % des voix. Dans le comté de Dublin sud-est, le non serait à 70 %.
Dans le comté du Limerick ouest, le non l’emporterait avec 59 %. Dans le comté du sud Tipperary, le oui obtiendrait 50,3 %, son voisin du nord verrait le oui et le non à 50 %. Le Galeway ouest verrait le non l’emporter avec 56 %, le Galeway est étant à 50-50. Dans d’autres comtés, le Sligo-Leitrim, le sud Roscommon, le sud-ouest du Donegal et le nord-est du Donegal, les premières tendances donnent aussi le non majoritaire.
référendum européen en Irlande : on retient notre souffle !
Le sort du traité de Lisbonne se joue en Irlande. Quelque 2,8 millions d’électeurs sont appelés à se prononcer jeudi par référendum sur ce texte qui réforme le fonctionnement institutionnel de l’Union européenne. Un scrutin à l’issue incertaine selon les sondages.
L’Irlande est le seul des 27 pays de l’UE à devoir ratifier le traité par référendum, comme l’impose sa Constitution, alors que les autres États membres ont opté pour la voie parlementaire. Trois sondages publiés depuis une semaine ont livré des résultats contradictoires, le « oui » étant crédité de sept points d’avance dans l’un d’eux et de cinq points de retard dans un autre.
Le premier ministre Brian Cowen se montre confiant. « Je crois que ce traité sera ratifié. Je crois dans le discernement et le bon sens des Irlandais », a déclaré le chef du gouvernement, qui a sillonné le pays depuis un mois pour plaider la cause du « oui ».
S’il franchit l’obstacle irlandais, le traité pourrait être ratifié dès cette année dans l’ensemble des 27 États membres, selon ses partisans. Le texte, rédigé laborieusement en remplacement de la défunte Constitution européenne rejetée par les Français et les Néerlandais en 2005, reprend la plupart des dispositions de celle-ci.
Le traité réformateur est censé faciliter la prise de décision avec l’extension du vote à la majorité qualifiée -l’unanimité restant toutefois la règle pour certains domaines, comme la politique étrangère et la défense, la sécurité sociale et la fiscalité- ainsi que l’instauration à terme d’un nouveau système de vote à double majorité (55% des États membres et 65% de la population).
Par ailleurs, le texte renforce les prérogatives du haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, poste actuellement occupé par l’Espagnol Javier Solana, qui deviendra vice-président de la Commission européenne à partir du 1er janvier 2009.
Un président sera également désigné par les chefs d’État et de gouvernement pour un maximum de cinq ans afin de présider les conseils européens et représenter l’UE à l’étranger. Enfin, le nombre de commissaires sera réduit de 27 à 17.
Une grande partie de l’establishment irlandais -le gouvernement et des partis d’opposition, entreprises, grands journaux et le Congrès irlandais des syndicats- soutiennent le traité et affirment qu’une victoire du « non » affaiblirait l’influence et l’attractivité du pays.
Mais l’Irlande profonde, même si elle a largement bénéficié de l’UE depuis l’adhésion irlandaise en 1973, n’a jamais semblé autant euro-sceptique. C’est que l’économie du Tigre celtique, après avoir connu une forte croissance à partir des années 90, semble soudain profondément vulnérable.
La crise mondiale du crédit affecte le marché immobilier, et le chômage est en hausse. L’Irlande a attiré 200.000 immigrants d’Europe de l’Est ces dernières années, et aujourd’hui un emploi sur six est occupé par un étranger. Les détracteurs de l’UE affirment que le traité va accélérer l’arrivée de travailleurs à bas salaire et la délocalisation des emplois vers l’Est.
Un rejet du traité par les Irlandais « serait un échec majeur pour pratiquement toutes les initiatives qui ont été lancées ces dernières années pour tenter de renforcer l’unité des Européens et pour que l’UE joue un plus grand rôle dans le monde », affirme Hugo Brady, du Centre pour la réforme européenne, un centre de recherche londonien. « Cela saperait la confiance de l’UE en elle-même au point de l’amener à envisager très sérieusement d’abandonner complètement le traité. »
Des affiches du camp du « non », qui en vertu de la loi électorale bénéficie d’une couverture médiatique et d’un financement public égal à celui du « oui », affirment que le traité obligera l’Irlande à renoncer à sa souveraineté sur des questions morales, militaires et financières.
Une organisation catholique ultra-conservatrice baptisée Coir - »justice » en gaélique- assure de son côté que le traité pourrait contraindre l’Irlande à légaliser l’avortement, l’euthanasie, la prostitution et les drogues dures.
Après avoir débattu avec un militant de Coir à la radio, le ministre des Affaires étrangères Michael Martin a semblé exaspéré. « Il est difficile de penser qu’une personne saine d’esprit puisse croire ce genre de bêtises ! », a-t-il lâché.
D’autres prédisent qu’après le référendum, l’UE demandera à Dublin de relever sa fiscalité particulièrement basse sur les sociétés alors que le traité ne change pas les règles en la matière. Le gouvernement irlandais peine à convaincre que cette mise en garde n’est pas fondée.
Dans les coulisses de la présidence française de l’UE
La présidence française commencera le 1er juillet prochain. A cette occasion, voici un article du Figaro qui relate bien l’ambiance dans laquelle la France prépare "sa" Présidence.
"Durant les mois qui ont précédé son accession à la présidence des Vingt-Sept, Nicolas Sarkozy a fait le tour des capitales européennes pour mobiliser les énergies
La France qui prendra, le 1er juillet, la tête de l’Union européenne est engagée dans une course contre la montre pour boucler l’organisation d’un dispositif complexe.
Le 30 juin, à 23 heures, la tour Eiffel s’illuminera aux couleurs de l’Europe pour donner le coup d’envoi de la présidence française de l’Union européenne, la PFUE comme l’appellent les diplomates qui œuvrent depuis des mois à sa préparation. Pour eux, l’exercice est d’une ampleur inédite : en 2000, lorsque la France avait pris la présidence de l’UE, la dernière fois, les Européens n’étaient que quinze. Le défi est certes politique, mais avant tout logistique : du fastueux dîner du 14 juillet à l’Élysée avec les 27 chefs d’État et de gouvernement, jusqu’à la réunion des filières ovines, en passant par dix sommets entre l’UE et des pays tiers, deux douzaines de réunions ministérielles, des dizaines de colloques et autres assises, au total plus de 400 manifestations devront être organisées entre le 1er juillet et le 31 décembre, à Paris et dans les grandes villes de France. Soit plusieurs rencontres chaque jour ! Pas moins de dix sommets entre l’UE et des pays tiers (de l’Afrique du Sud, en juillet, au Brésil, en décembre) se tiendront le semestre prochain. Temps fort d’une liste impressionnante de grands rendez-vous, le sommet de l’Union pour la Méditerranée, le 13 juillet. La scénographie de l’événement, avec un décor d’inspiration « orientaliste » et des palmiers s’élevant sous les voûtes du Grand Palais, est en cours d’élaboration.
D’emblée, le calendrier a été soumis à d’énormes contraintes. La trêve estivale réduira de fait la présidence française à quatre mois et demi « utiles ». C’est pourquoi, contrairement aux habitudes, les premières réunions ministérielles informelles débuteront dès le mois de juillet, plutôt qu’en septembre : Jean-Louis Borloo réunira ses homologues européens chargés de l’Environnement dès le 3 juillet, dans le parc de Saint-Cloud, suivi les 7 et 8 juillet à Cannes par Brice Hortefeux, Michèle Alliot-Marie et Rachida Dati pour l’Immigration, la Justice et la Police.
« Une implicationpoussée »
Le fait que cette présidence soit la dernière avant l’instauration prévue du traité de Lisbonne et la mise en place d’une présidence fixe du Conseil alourdira l’agenda politique. De surcroît, en cette période de fin de cycle législatif (les élections parlementaires européennes auront lieu en juin 2009), les dossiers à boucler s’amoncellent. « Il faut être réaliste et ne pas surestimer nos capacités », prévient un des maîtres d’ouvrage de la présidence.
Quelques acteurs clés sont à la manœuvre. Au sommet, l’Élysée veille au grain et intervient sur tout, des grandes orientations au moindre détail, notamment en ce qui concerne la communication. Ainsi, le lancement du logo de la PFUE, signé par le publicitaire Jacques Séguéla, a été géré en haut lieu comme une affaire d’État. « Une implication aussi poussée de la présidence de la République est un phénomène inédit », constate un diplomate chevronné. Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, joue un rôle déterminant. Le « Monsieur Europe » du gouvernement a effectué dans l’Union une centaine de déplacements : il a le contact avec ses homologues européens et une vision de tous les dossiers à l’ordre du jour (énergie et climat, immigration, défense, PAC). C’est à lui qu’il revient d’effectuer la synthèse politique de sujets souvent très techniques, afin de préparer la décision du chef de l’État. En amont, la coordination interministérielle est supervisée par la diplomate Gilles Briatta, secrétaire général des Affaires européennes (SGAE). Lui doit trouver un point de conciliation sur les dossiers, dans la mesure où chaque ministère cherche à tirer la couverture à lui. Pour sa part, l’ambassadeur Claude Blanchemaison est en charge de l’organisation. Nommé secrétaire général de la PFUE en juin 2007, il gère les programmes et les budgets. La dimension culturelle a été confiée à l’ex-ministre Renaud Donnedieu de Vabres, non sans froisser Christine Albanel qui lui a succédé rue de Valois. Pour la première fois, une Saison culturelle européenne sera organisée parallèlement à la présidence de l’UE, et placée sous la houlette du diplomate normalien Laurent Burin des Roziers.
Côté bruxellois, c’est Pierre Sellal qui, en assurant l’interface entre Paris et les institutions communautaires, représente la pièce maîtresse du puzzle. Familier des arcanes communautaires qu’il fréquente depuis près de vingt ans, le représentant permanent français auprès de l’UE est vite apparu indispensable. « Il est sans conteste le meilleur d’entre nous », juge un de ses homologues des Vingt-Sept. Place de Louvain, siège de la représentation diplomatique française « la RP » dans le jargon local , c’est en juin 2006 que l’ordre de mobilisation a commencé à retentir. Une quarantaine de nouveaux collaborateurs ont été recrutés. Parmi eux, le numéro deux, Philippe Leglise-Costa, un polytechnicien aussi brillant que modeste, notamment chargé de superviser les difficiles négociations sur le climat, attendues fin décembre.
Au sein de la Commission européenne, c’est notamment un Français, Jean-Claude Thebault qui, au cabinet du président, José Manuel Barroso, est chargé de faire le lien entre Paris et le Berlaymont, siège de l’exécutif bruxellois. Il connaît de longue date les ministres et conseillers de Matignon et de l’Élysée impliqués dans la préparation de la présidence, et qu’il tutoie. Il fut de toutes les rencontres qui ont eu lieu entre le numéro un de l’exécutif communautaire et Nicolas Sarkozy depuis mai 2007.
À trois semaines du jour J, les préparatifs sont entrés dans la dernière ligne droite. « Il y a un léger affolement, certains se réveillent un peu tard », constate un observateur privilégié. De fait, avant ce marathon, l’échauffement des ministres a été très inégal, si l’on en juge par leurs déplacements à Bruxelles. Outre les visites hebdomadaires à Bruxelles de Jean-Pierre Jouyet, la palme de l’assiduité revient à Michel Barnier qui n’a pas manqué un seul des dix Conseils consacrés à l’agriculture depuis un an, suivi par Christine Lagarde et Bernard Kouchner lesquels, n’ont « séché » en un an que deux réunions sur les huit figurant à leur programme. En revanche, le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, n’est apparu que deux fois (sur six) dans un conseil et le plus souvent furtivement, alors même qu’il est chargé de préparer le « pacte pour l’immigration ». Les « lacunes » de Rachida Dati sont également montrées du doigt tandis que Jean-Louis Borloo, coresponsable du futur « paquet énergie-climat », a manqué la moitié des Conseils environnement. « Ces ministres seront moins influents auprès de leurs collègues », pronostique un diplomate européen pour qui l’absentéisme français constitue « un problème pour tout le monde ».
« Léger affolement »
Pour financer cette présidence, dont Paris veut qu’elle ait « une certaine allure, mais sans trop de paillettes », 190 millions d’euros ont été alloués par le gouvernement. C’est plus du triple du budget officiel de la dernière présidence française en 2000 (56,9 millions d’euros). C’était avant l’élargissement de 2004, « et ce budget ne comptabilisait pas les frais engagés par les différents ministères », tempère l’ambassadeur Claude Blanchemaison. « Ces 190 millions d’euros représentent une somme similaire à celle dépensée par la présidence allemande (au 1 er semestre 2007, NDLR). Il n’y aura pas de rallonges », prévient-il.
À l’automne dernier, la commission des finances du Sénat avait jugé « très élevé » et « trop vague » le programme de dépenses décrit par le gouvernement. « La difficulté est de cerner de façon précise l’étendue de certaines dépenses consacrées par exemple à la sécurité ou à la communication », indique François Marc, sénateur PS. Du côté de la présidence, on promet un reporting scrupuleux des sommes engagées. Économies obligent, les deux Conseils européens traditionnels d’octobre et de décembre (sommets des chefs d’État) se dérouleront à Bruxelles et non pas dans une ville française. « Nous ne paierons qu’une sorte de ticket modérateur de 1,8 million d’euros par sommet. Bruxelles financera le reste », explique Claude Blanchemaison.
Reçus à dîner au Quai d’Orsay par Bernard Kouchner, les grands patrons ont également été sollicités. Exemple, quelque 140 véhicules seront mis à disposition par les constructeurs français. Les grandes entreprises (transport, distribution…) ont également été approchées pour contribuer à « ouvrir » la présidence française sur la société civile en raccrochant leurs actions de communication à l’événement. Les cadeaux, enfin, pour un budget de 3 millions d’euros, ont été dessinés, à titre gratuit par Philippe Starck, bombardé directeur artistique de la PFUE. Dans ce domaine, de mémoire d’eurocrate, habitué à recevoir les éternels tasses à café ou parapluies siglés aux couleurs des présidences, l’imagination a jusqu’à présent, rarement été au pouvoir…"
Pour en savoir plus sur la présidence française : www.ue2008.fr
François Bayrou : "Il nous revient de penser une Europe nouvelle et de la faire aimer"
Le Président du MoDem est intervenu Dimanche dernier pour cloturer la convention Europe du moDem et lancer officiellement la campagne de notre mouvement dans les élections européennes qui auront lieu dans un an
Bientôt la disparition du Centre au Parlement européen ?
La commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen a rejeté ce matin une proposition du groupe socialiste visant à limiter à l’avenir le nombre de groupes parlementaires. Seul l’absentéisme du Parti Populaire Européen (droite européenne) et du Parti Socialiste Européen a permis ce rejet, obtenu en particulier grâce à la mobilisation des élus de l’Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe (ADLE, dont le MoDem fait partie). Pourtant les deux grands groupes, par un artifice de procédure, sont néanmoins parvenus à faire en sorte que ce rapport modifiant le Règlement intérieur du Parlement européen puisse être inscrit à l’ordre du jour de la prochaine session plénière. La question sera toutefois soulevée par la Conférence des présidents qui se tiendra en préalable à la session de juillet. L’ADLE espère encore que les deux grands groupes n’iront pas plus loin dans leur menace au pluralisme démocratique.
"PPE et PSE ont conduit ce matin en commission parlementaire une manoeuvre indélicate qui en dit long sur leurs intentions de passer outres les objections légitimes que nous formulons à l’encontre d’un texte qui risque de détourner encore plus nos concitoyens de l’Europe. Ce n’est pas en insultant les opinions des électeurs qu’ils viendront voter aux Européennes", a déclaré Andrew DUFF, porte-parole de l’ADLE pour les Affaires constitutionnelles.
"Toutes les sensibilités politiques doivent pouvoir se regrouper et s’exprimer au Parlement européen comme au plan national. Alors que le Traité de Lisbonne devait nous donner enfin les moyens de mener de vrais débats politiques en Europe, le PPE et le PSE veulent au contraire verrouiller tout d’avance pour faire du Parlement une simple chambre d’enregistrement du Conseil des ministres", a ajouté Marielle de SARNEZ (MoDem, France), vice-présidente de l’ADLE.
"Le PPE et le PSE ont conclu un accord avec pour unique objectif de résister au changement. Un accord qui vise à tout changer pour ne rien changer. Mais en réalité, ils doivent reconnaitre que leur problème n’est pas l’obstructionnisme des petits groupes politiques, mais l’absentéisme de leur membres", a commenté Gianluca SUSTA (Partito democratico, Italie).
Cette attitude est assez peu réjouissante, la suite au prochain épisode !
Vous trouverez ci-dessous un article que j’ai selectionné sur le site du Parlement européen pour mettre en avant la volonté des députés européens de prendre position sur des sujets importants...notamment concernant le drame vécu par le peuple birman suite au désastre naturel qu’il a subi.
Les médias parlent trop peu des positions prises par le Parlement européen. Je tiens à souligner combien je suis heureux que nos députés européens aient expressément parlé, au nom des citoyens européens, de "crime contre l’humanité" lorsque la junte birmane au pouvoir refuse d’ouvrir son pays à l’aide internationale.
Voici l’article publié par le service de presse du Parlement :
Birmanie : l’UE reste solidaire
Les députés ont adopté une résolution condamnant la lenteur des autorités birmanes face à l’urgence de la crise humanitaire. Pour avoir empêché l’aide d’arriver aux personnes en péril, elles devraient être jugées pour crime contre l’humanité, estiment-ils. Les pays d’Asie du Sud-Est sont invités à user de leur influence auprès des autorités birmanes pour ouvrir le pays à l’aide internationale.
Le typhon Nargis, qui a violemment frappé le sud de la Birmanie les 2 et 3 mai derniers, a fait 77 738 morts et 55 917 disparus, selon un bilan officiel. Les observateurs indépendants et organismes d’aide internationaux, eux, font état d’au moins 100 000 morts.
Dans une résolution, adoptée à une large majorité, par 524 voix pour, 3 voix contre et 13 abstentions, les députés expriment leurs condoléances et leur solidarité à l’égard de la population et des nombreuses victimes.
Alors que les conditions climatiques dans la région touchée s’aggravent avec le début de la mousson, "il est important de veiller à ce que les agriculteurs touchés reçoivent une aide leur permettant de faire de nouvelles semailles de riz en temps utile", affirment-ils.
Acheminer l’aide humanitaire
Le travail des organisations humanitaires étrangères dépend de la junte militaire qui n’a permis que des arrivages très limités d’aide humanitaire internationale dans le pays, en insistant pour qu’ils soient distribués par l’armée. "Si les autorités birmanes continuent d’empêcher l’aide d’arriver aux personnes en péril, elles devraient être jugées pour crime contre l’humanité devant la Cour pénale internationale", estiment-ils.
Les députés condamnent la lenteur de la réaction à cette crise humanitaire de la part des autorités, "qui ont fait passer la préservation de leur propre pouvoir avant la survie des citoyens du pays". Ils leurs demandent d’ouvrir les régions touchées par le cyclone aux opérations d’aide humanitaire internationale, d’accorder des visas aux travailleurs humanitaires, ainsi que d’autoriser les agences humanitaires internationales et onusiennes à distribuer l’aide.
"La souveraineté d’une nation ne peut l’emporter sur les droits fondamentaux de son peuple", ajoutent les députés, se référant au principe onusien de "responsabilité de protéger". Enfin, ils déplorent l’organisation d’un "soi-disant référendum sur la parodie de constitution" et en rejettent le résultat peu crédible.
L’influence de l’ANASE, la Chine et l’Inde
Les députés se félicitent de l’accord qui s’est dégagé au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), de l’Inde et de la Chine à Singapour le 19 mai 2008 en vue d’autoriser l’ANASE à coordonner l’aide internationale.
Par ailleurs, ils invitent les gouvernements de la Chine et de l’Inde à user de leur influence auprès des autorités birmanes pour permettre à toute éventuelle action d’aide humanitaire d’entrer immédiatement en Birmanie.
Lors d’une discussion avec le Conseil et la Commission, les députés des différents partis politiques ont exprimé des points de vue semblables.